MARTIN 1707

Le Galérien

L'Ami de la Jeunesse (1826)

(Texte paru dans L'Ami de la Jeunesse. N°6 Juin 1826 Vol II.)

En 1740, le docteur Chinez de Winchester fut à même de rendre quelques services à Jean Serre, réfugié français, qui, pour lui donner une preuve de sa reconnaissance, lui offrit une vieille Bible française, seule compagne de ses chagrins pendant plusieurs années. Jean serre, à l’âge de 18 ans (24 mai 1686), avait été assez heureux pour refuser de renoncer à sa religion, et avait en conséquence été condamné aux galères. Il y resta 27 ans, enchaîné et exposé à toute l’inclémence des saisons. Ses souffrances furent grandes. En 1698, le docteur Martin, ministre protestant, visita les galères de Marseille pour porter quelques secours à ses malheureux frères. Il leur distribua des Nouveaux Testaments, et Jean Serre fut un de ceux qui en reçurent un. Après de longues années, il obtint enfin sa liberté, grâce aux sollicitations d’une personne d’un haut rang, et chercha un refuge en Angleterre. — En 1740, il envoya son passeport et son Nouveau Testament au docteur Chinez, en lui adressant la lettre suivante :

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Biographie Universelle (1820)

MARTIN (DAVID), théologien protestant, né en 1639 à Revel, diocèse de Lavaur, de parents honnêtes, et qui ne négligèrent rien pour son éducation, fit son cours de rhétorique à Montauban et celui de philosophie à Nîmes, où il reçut le doctorat à l’âge de vingt ans. Il s’appliqua ensuite à la théologie, mais il ne se borna point à suivre les leçons des professeurs, et il étudia en même temps l’histoire ecclésiastique et et les langues orientales, dans lesquelles il fit de grands progrès. L’excès du travail altéra sa santé; et il relevait à peine de maladie, lorsqu’il fit nommé pasteur dans le diocèse de Castres. La sagesse avec laquelle il gouverna l’église confiée à ses soins lui mérita l’estime des membres du synode; et il reçut en 1670 une vocation pour la Caune, paroisse considérable, qu’il administre avec prudence et fermeté jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes. Ayant contrevenu à la défense qui lui avait été faite de continuer l’exercice de ses fonctions, il aurait été arrêté, s’il n’avait pas trouvé parmi les catholiques des amis qui recueillirent sa femme et ses enfants, et lui facilitèrent les moyens de s’évader. Il passa en Hollande, où plusieurs églises se disputèrent l’avantage de l’avoir pour pasteur. Le célèbre Grœvius le détermina à accepter sa vocation pour Utrecht. Les soins qu’il devait à son troupeau, ceux qu’il donnait aux jeunes postulants qui recouraient à ses lumières, et enfin la rédaction de ses ouvrages partagèrent le reste de sa vie. Il mourut à Utrecht le 9 septembre 1721, âgé de 82 ans. D. Martin était en correspondance avec plusieurs savants, entre autres Dacier, Sacy, Cuper, etc..[1]. Il avait fait une étude particulière de notre langue; il adressa des remarques à l’Académie française sur la première édition du Dictionnaire, et cette compagnie chargea son secrétaire de lui en faire des remerciements.

Notes

[1] Dans le recueil des Lettres de Cuper. Amsterdam, 1742, in-4°, on en trouve six adressées à D. Martin.

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Le Journal des Savants (1709) - présentation de La Sainte Bible de 1707

La Sainte Bible, qui contient le vieux et le Nouveau Testament, expliquez par des Notes de Theologie & de Critique sur la Version ordinaire des Eglises Réformées, revûë sur les Originaux, & retouchée dans le langage: Avec des Prefaces particulières sur chacun des Livres de l'Ecriture Sainte, & deux Prefaces générales sur l'Ancien & le Nouveau Testament. Par David Martin, Pasteur de l'Eglise Wallonne d'Utrecht. A Amsterdam, chez Henry Desbordes, Pierre Mortier, Pierre Brunel, Libraires, M. DCCVII. 2. Times in fol. T. 1. feuillets 398. Préface, feuillets VIII. T. 2. feuillets 424. sans la Table. Livres Apocryphes, feuillets 66.

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Le Journal des Savants (1756) - présentation des oeuvres de D. Martin

MARTIN (M. David), Pasteur de l’Eglise Wallonne d’Utrecht, mort en 1721.

La Sainte Bible, qui contient le Vieux et le Nouveau Testament, expliqués par les Notes de Théologie et de Critique sur la Version ordinaire des Eglises Réformées, revue sur les Originaux, et retouchée dans le Langage; avec des Préfaces particulières sur chacun des Livres de l’Ecriture Sainte, et deux Préfaces générales sur l’Ancien et le Nouveau Testament; par M. D. MARTIN, Pasteur. fol. 2 Vol.

Idée de cet Ouvrage: l’Auteur en fut chargé par le Synode des Eglises Wallonnes, et en reçut des Approbations qui rendent sa Bible recommandable parmi ceux de sa Communion: dans sa Préface sur l’ancien Testament il traite de l’inspiration des Livres sacrés, et de la Langue en laquelle ils ont été écrits: il parle de la Massore, de la Version des Septante, et du Texte Hébreu auquel il donne la préférence: les Notes de M. MARTIN sont courtes et précises: on trouve dans cette Bible des Tables Géographiques, et quelques autres Planches fort bien gravées: l’impression est belle dans tout l’Ouvrage, surtout dans les Notes, 1709 Suppl. 14-13. et suivantes.

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Le Journal des Savants (1718) - présentation de la dissertation sur le Comma johannique (1 Jean 5:7)

DEUX DISSERTATIONS CRITIQUES, la première, sur le verset 7. du Chap. 5. de la première Epître de Saint Jean; Il y en a trois au ciel, etc... dans laquelle on prouve l’authenticité de ce texte: la seconde sur le passage de Josèphe touchant Jésus-Christ, où l’on fait voir que ce passage n’est point supposé. Par M. Martin. A Utrecht, chez Guillaume Van de Water, Marchand Librairie. 1717 in douze. pp. 341. et se vend à Paris, chez Montalant.

Voici le Verset dont il s’agit dans la première Dissertation, accompagné de celui qui le précède et de celui qui le suit: v. 6. C’est ce même Jésus Christ qui est venu avec l’eau et avec le sang: non seulement avec l’eau; mais avec l’eau et le sang. Et c’est l’esprit qui rend témoignage, que JESUS-CHRIST est la vérité. v. 7. Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le Ciel: le Père, le Verbe, et le Saint Esprit; et ces trois sont une même chose. V. 8. Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre: l’Esprit, l’Eau, et le Sang; et ces trois sont une même chose. La Dissertation est divisée en deux parties. Dans la première, M. Martin prouve que le Verset septième est véritablement de Saint Jean.

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Le Journal des Savants (1718) - présentation de la seconde dissertation sur le passage de Josèphe

DEUX DISSERTATIONS CRITIQUES, la première, sur le verset 7. du Chap. 5. de la première Epître de Saint Jean; Il y en a trois au ciel, etc... dans laquelle on prouve l’authenticité de ce texte: la seconde sur le passage de Josèphe touchant Jésus-Christ, où l’on fait voir que ce passage n’est point supposé. Par M. Martin. A Utrecht, chez Guillaume Van de Water, Marchand Librairie. 1717 in douze. pp. 341. et se vend à Paris, chez Montalant.

La seconde Dissertation de M. Martin ne mérite pas moins d’attention que la première dont nous avons parlé. Voici le passage qui en fait le sujet, et qui se trouve dans le dix huitième livre des Antiquités Judaïques de Josèphe, chapitre 4. En ce temps-là, c’est-à-dire au temps de Pilate, était Jésus, homme sage, si toutefois il faut l’appeler homme, car il faisait beaucoup de merveilles. Il enseignait la vérité à ceux qui prenaient plaisir d’en être instruits, et il attira à lui beaucoup de Juifs, et même de Gentils. IL ETAIT LE CHRIST. Il fut accusé devant Pilate par les principaux de notre nation, et Pilate le fit crucifier. Ceux qui l’avaient aimé auparavant ne cessèrent pas l’aimer, parce que trois jours après il se fit voir à eux derechef vivant. Les Saints Prophètes avaient prédit ces choses de lui, et plusieurs autres merveilles; et la secte des Chrétiens, qui de lui a pris son nom, subsiste encore à présent.

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La France Protestante (1857)

MARTIN (David), savant théologien protestant, né à Revel, le 7 septembre 1639, et mort à Utrecht, le 9 septembre 1721.

Fils de Paul Martin, qui fut à deux reprises revêtu de la dignité de consul à Revel, et de Catherine Cardes (alias Corde). Martin fit sa rhétorique à Montauban, en 1655, et sa philosophie à Nîmes, en 1655, sous le fameux Derodou. Le 21 juillet 1659, il prit le grade de maître-ès-arts et de docteur en philosophie, après avoir soutenu avec éclat, depuis le matin jusqu'au soir et sans président, des thèses in universam philosophiam. Comme il se destinait à la carrière ecclésiastique, il se rendit à l'académie de Puy-Laurens, où professaient Verdier et André Martel, et il se fit remarquer parmi ses condisciples par son application et ses succès. L'Ecriture Sainte, les écrits des Pères et ceux des commentateurs de la Bible étaient son étude favorite; les langues orientales et l'histoire ecclésiastique n'avaient guère moins d'attraits pour lui, et la lecture des chefs d'œuvre de l'antiquité, sacrée ou profane, le délassait de ses travaux plus sérieux. Son ardeur pour apprendre faillit lui coûter la vie: une tension de l'esprit trop soutenue, jointe au défaut d'exercice corporel, lui occasionna une maladie qui le conduisit aux portes du tombeau.

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Mémoires pour servir à L'Histoire des Hommes Illustres dans la République des Lettres (1733)

LA VIE DE DAVID MARTIN

DAVID Martin naquit le 7 Septembre 1639, à Revel, ville du Diocèse de Lavaur dans le haut Languedoc, de Paul Martin, qui y fut deux fois pourvu du Consulat, et de Catherine Cordes.

Il commença ses études dans cette ville, et alla en 1655 faire sa Rhétorique à Montauban, où était l’Académie des Réformés, et où il demeura deux ans. De là il alla au mois d’Octobre 1657 faire son cours de Philosophie dans l’Académie de Nismes, sous David Derodon, célèbre Professeur, qui reconnut dans Martin des talents et des qualités aussi estimables que difficiles à rencontrer dans un même sujet. Ce qui forma entre le Maître et le disciple un attachement si intime, qu’il ne finit qu’avec leur vie. Martin soutint des Thèses in Universam Philosophiam, à mane ad vesparam fine Praefide avec un applaudissement général, et fut reçu Maître ès Arts et Docteur en Philosophie le 21 Juillet de l’an 1659.

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Note du verset 1 Jean 5:7 avec la Préface de l’Epître

Note du verset 1 Jean 5.7 (Comma Johanneum)

Il y en a trois etc.. ] Comme ce passage est une preuve formelle de l’adorable Trinité des Personnes divines, les hérétiques qui rejettent la vérité de ce mystère, prétendent que ce verset n’est pas de saint Jean, et qu’il a été ajouté à son Epître. On peut voir dans la Préface sur cette Epître, sur quoi ils se fondent, et la réfutation de cette opinion.

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