David Martin (1639-1721) s’est acquis un nom populaire dans la communion réformée de France par les corrections qu’il a faites aux anciennes versions de la Bible. Sa traduction, sans être exempte de défauts, est encore celle qui reproduit le plus fidèlement la simplicité et la force du texte original. Il avait été invité par le synode des églises wallonnes, en 1694, à entreprendre ce travail, et à y joindre des réflexions critiques. Treize ans après, il publia sa nouvelle édition de la Bible en deux volumes in-folio.

Ce pasteur avait fait de la langue française une étude particulière. « Il en possédait tellement les règles et les délicatesses, dit Nicéron, qu’il fut en état de fournir des remarques et des observations à l’Académie française. Il les lui envoya lorsqu’elle voulut faire imprimer la seconde édition de son dictionnaire. La lettre de remerciements que l’Académie lui écrivit marque le cas qu’elle faisait de ses critiques. »

David Martin refusa deux fois d’être professeur ; mais il prenait plaisir à donner chez lui des leçons de théologie aux jeunes étudiants d’Utrecht. À l’âge de plus de quatre-vingts ans il conservait encore beaucoup de vigueur d’esprit. Le 7 septembre 1721, il prêcha sur la Providence avec une force qui étonna tout son auditoire ; le sermon achevé, il ne put descendre de chaire qu’en s’appuyant sur le bras de ses amis, et deux jours après il rendit le dernier soupir. Ce pieux théologien avait toujours souhaité de mourir en sortant de la maison de Dieu.

Guillaume-Adam DE FÉLICE (Histoire des Protestants de France. Paris. J. Cherbuliez. 1851. pp. 474,475.)