A propos de la Bible Martin
Par martin1707.com, à :: ACCUEIL DU SITE
« Martin traduisit dans un langage élégant et correct la Bible, cet unique joyau de tant d’expatriés. »
« Parmi les autres ministres qui perfectionnèrent la prédication wallonne et hollandaise, on peut citer encore David Martin (…). Le premier, nommé pasteur à Utrecht, publia une traduction de la Bible, qui fut universellement adoptée par les Églises françaises de Hollande, de Suisse et d’Angleterre. Considérée comme une œuvre classique, elle est restée en usage dans ces trois pays, et les bibles françaises répandues dans le monde entier par la société biblique de Londres ne sont encore aujourd’hui que des réimpressions de celle de ce pasteur. »
Charles Weiss.
Histoire des réfugiés protestants de France, de la Révocation de l'Édit de Nantes jusqu'à nos jours. Paris. Charpentier. 1853. p. 24 et 90.
« La Bible la plus généralement estimée parmi nous, c’est celle de Mr Martin, Pasteur d’Utrecht. La Version en est travaillée avec soin, et les Notes ont entièrement fait tomber celles des Desmarets, qui avaient été assez longtemps en vogue. Cette Bible est en deux Volumes in-folio. Je remarque une fois pour toutes, que quand on achète ces Ouvrages, et tous les livres en général, on demande les dernières Éditions, qui pour l’ordinaire ont la supériorité sur les précédentes. »
Jean-Henri-Samuel Formey
Conseils pour former une bibliothèque peu nombreuse, mais choisie. A Berlin. Chez Haude et Spener. 1755. p.2 et 3.
« Adolphe Monod[1] préférait la version de Martin à celle d’Ostervald “ dont l’élégance relative, nous écrit M. William Monod, ne rachetait pas à ses yeux un certain manque de force et de simplicité. Il trouvait chez Martin plus de saveur et d’énergie, et c’est de Martin qu’il se servait habituellement. Il en avait toujours un exemplaire en chaire ”. »
Daniel Lortsch.
Histoire de la Bible en France.Agence de la Société biblique britannique et étrangère. 1910. p. 139.
« La langue française ne possède aucune traduction, pour ainsi dire officielle, de la Bible; nos meilleures versions sont celles de Martin et d'Osterwald, qui toutes les deux devraient être refaites en partie, et celle de Genève, 1712, qui leur est préférable. »
Jean-Augustin Bost.
Dictionnaire de la Bible ou concordance raisonnée des Saintes Écritures. 1849. Librairie Protestante. p. 145.
« Dans les Archives du christianisme (II, 62), Encontre[2] explique ainsi le choix de Martin: 1° Cette édition semble plus conforme aux originaux; 2° elle s'accorde plus que les autres avec les versions anglaise, hollandaise, allemande; 3° elle est supérieure pour le style aux autres versions françaises. »
Daniel Lortsch.
Histoire de la Bible en France. Agence de la Société biblique britannique et étrangère. 1910. p. 169.
« Ce serait ici le lieu, à propos de ce renouvellement de
la prédication, de parler des diverses révisions de la Bible, des Psaumes et de la Liturgie, qui furent alors entreprises. Disons en quelques mots sans trop nous y arrêter.
Déjà en 1694 David Martin avait annoté le Nouveau Testament et retouché le texte de la version en usage.
— Le Synode, pleinement satisfait de ce travail, engage le pasteur d'Utrecht à le publier incessamment et l'exorte à faire de "semblables notes sur le Vieux Testament (2) ... plusieurs Eglises même ont adopté cette nouvelle version, on s'en tient à ce qu'on aurait dû tout de suite adopter : la traduction de Martin est fortement recommandée. Peu à peu son usage se généralise. »
David F. Poujol.
Histoire et influence des Églises Wallonnes dans les Pays-Bas. 1902. Fischbacher. p. 260.
« David (Martin) 1639-1721. Né en Haute-Garonne, David Martin accomplit de brillantes études à Montauban, à Nîmes et à la Faculté de Théologie de Puy-Laurens (Tarn), s'attachant particulièrement à l'étude de l'hébreau, des Pères et des commentateurs de la Bible. Pasteur protestant d'Esperausses, puis de Lacaune, il se réfugia en novembre 1685 à La Haye, ensuite à Utrecht. Devenu pasteur titulaire dans cette dernière ville, il se prépara à son grand travail sur la Bible en publiant Le Nouveau Testament expliqué par des notes courtes et claires sur la version ordinaire des Eglises réformées (1696) et l'Histoire du Vieux et du Nouveau Testament (1700). Le synode des Eglises wallonnes avait en effet chargé David Martin de réviser l'ancienne version genevoise de la Bible, remplie de locutions vieillies : la nouvelle version parut à Amsterdam en 1707. C'est un travail imposant et sérieux, qui tient compte de l'hébreu et en explique les singularités et les difficultés. De nombreuses sociétés bibliques ont continué jusqu'au XIXe siècle à réimprimer le texte de Martin. Celui-ci est également l'auteur d'un Traité de la religion naturelle (1713), qui eut un grand succès. »
Jean-Claude Polet.
Patrimoine littéraire européen. 2000. De Boeck Université. p. 476.
« Car Dieu a veillé avec tant de soin sur la transmission à travers les âges du texte de sa Parole écrite que, malgré les falsifications de ceux qui s’établissent eux-mêmes, à la place du Saint-Esprit, comme juges de ce qui est de Dieu et de ce qui ne l’est pas, nous pouvons, encore aujourd’hui, malgré le magma des éditions sans nombre de Bibles fondées sur des textes partiellement falsifiés, encore retrouver des traductions de la Sainte Ecriture en français qui ne trahissent pas le texte de la Parole de Dieu donnée aux hommes une fois pour toutes afin que, par son témoignage infaillible, ils puissent véritablement connaître avec exactitude la pensée de Dieu, à savoir les Bibles Martin, Ostervald et celle de la Trinitarian Bible Society. »
Jean-Marc Berthoud.
Faut-il avoir peur de la critique textuelle? Revue Réformée n°216. 2002/1. http://www.unpoissondansle.net/rr/0201/index.php?i=2
« Du point de vue de la tradition strictement réformée, le dernier témoin majeur dans la lignée de cet héritage orthodoxe et catholique millénaire d’une exégèse véritablement biblique fut le pasteur français David Martin. David Martin (1639-1721) est né le 7 septembre 1639 à Revel en Haute Garonne. Il fit ses études à Montauban et à Nîmes, où il reçut en particulier une solide formation dans les langues anciennes. Il entreprit ensuite de fortes études de philosophie et de théologie patristique, scolastique et réformée à l'Académie calviniste de Puylaurens dans le Tarn, École de Théologie qui avait pris la relève de la célèbre Académie de Montauban. Il exerça son ministère dans les paroisses réformées d'Espérausse et de Lacaune et quitta le Royaume de France lors de la Révocation de l'Édit de Nantes. De 1685 à sa mort en 1722 (à l'âge de 82 ans), il fut le pasteur de la florissante Église Wallonne d'Utrecht. Il refusa à plusieurs reprises des offres de chaires dans les Facultés de Théologie des Pays-Bas. C'est à la demande du Synode des Églises Wallonnes qu'il entreprit la révision de la Bible de Genève, révision qui nous a donné ce trésor d'érudition biblique écrit dans la belle langue de l'époque classique qu'est la Bible Martin. Sa Bible annotée (deux gros volumes folio) fut éditée en 1707 sur terre d’exil à Amsterdam. Elle est aujourd’hui quasiment introuvable(36).
Dans l’édition commentée de la Bible Martin de 1707 (deux grands volumes in folio) se trouve résumé tout l’héritage de l’exégèse réformée allant des Pères de la Réformation aux savants exégètes de la scolastique calviniste tardive. Il est significatif de constater que vers le milieu du XVIIe siècle, la Bible Martin fut remplacée par la Bible Ostervald, elle aussi munie de notes explicatives nombreuses. Mais, avec Ostervald, on était passé sur le nouveau versant de l’histoire des études bibliques, et les notes dont elle est pourvue, allaient pour l’essentiel dans la direction du courant que prenait la nouvelle exégèse rationaliste, subjective et arbitraire. Car les sciences bibliques se trouvaient dorénavant inféodées, comme d'ailleurs l'ensemble du savoir, au nouveau modèle de la connaissance, la vision du monde qui avait été élaborée à partir des nouvelles sciences de la nature. Par une ironie de la Providence, la parution de ce trésor d'exégèse qu’est la Bible Martin fut rendue possible par la Révocation de l’Édit de Nantes qui chassa le pasteur Martin (au prix de sa vie) de sa patrie. Mais, c’est surtout en cassant les projets déjà fort avancés d’une nouvelle édition de la Bible, qui aurait été à la fois oecuménique et critique, que la Révocation de l’Édit de Nantes prouva un bienfait de Dieu pour ceux qui restaient attachés aux Écritures. Un tel projet était le fruit empoisonné de la collaboration entre Jean Claude, pasteur de l’Église réformée de Charenton près de Paris, dont les convictions étaient fortement marquées de l'amyraldisme (à tendance rationaliste et arminien), et l'ecclésiastique catholique romain qui fut longtemps la bête noire de Bossuet, Richard Simon, père de la critique biblique moderniste française. C’est un hommage que l’on peut indirectement rendre à Louis XIV d'avoir (bien malgré lui !) joué un rôle capital dans la préservation du véritable héritage calviniste francophone ! Mais la Bible Martin fut à tel point occultée par celle d'Ostervald, puis par l'orientation historico-critique moderne, et par un certain rationalisme piétiste qui ont marqué les réveils protestants ultérieurs, que même ceux qui en France se réfèrent aujourd'hui à la tradition calviniste de Martin, ignorent souvent l'existence d'un pareil trésor exégétique ! »
Note : (36) Je suis redevable au Doyen Pierre Courthial pour nombre de ces détails. Signalons en passant que l’excellent texte de sa révision de la Bible de Genève, faite dans la langue de Bossuet et de Racine, a récemment connu une réédition, sans les notes, à Dallas au Texas et est disponible à la Librairie La Proue, Escaliers du Marché 17, 1003 Lausanne, Suisse.
Jean-Marc Berthoud.
Lettre ouverte adressée à Florent Gaboriau, philosophe et théologien thomiste. http://www.vbru.net/src/rc/RC39-40_gabo.html
« Quant à la version de la Bible par Osterwald, sans en contester le mérite, quoique, avec un assez grand nombre de personnes, nous préférions, pour plusieurs parties des Écritures, celle de Martin, nous ferons observer que les efforts des frères de France pour la maintenir ne sont pas précisément un brevet d’orthodoxie pour son auteur, mais plutôt une résistance aux efforts de ceux qui veulent lui substituer une traduction favorisant les tendances du rationalisme. »
Adolphe Bauty, pasteur suisse.
Un dernier mot sur Osterwald. Le Chrétien Evangélique, 1864. p. 285.