« Monsieur, voici le Nouveau Testament avec les notes du docteur Martin, que j’ai fait relier. Il m’en fit présent lorsque j’étais aux galères en France pour la cause de Dieu. Je l’ai toujours conservé, malgré la vigilance avec laquelle on m’observait, pour m’empêcher de jouir des consolations que ma longue et douloureuse captivité me rendait si précieuses. Ce livre divin ne me quitta pas pendant plusieurs années que je restai dans les chaînes, et la Parole de vérité qu’il contient, ne pouvant être enchaînée, me rendit capable de combattre les erreurs de ceux qui me tourmentaient si impitoyablement. Dieu ayant à la fin brisé mes pesantes chaînes, je l’emportai avec moi, comme preuve admirable d’un miracle de sa Providence qui me l’avait conservé au milieu de mille dangers qui m’environnaient à chaque instant. J’ose croire, monsieur, que ce que je viens de vous raconter vous le fera accepter avec plaisir et comme un présent vraiment précieux. — Je fais des vœux pour que vous puissiez le lire autant d’années au moins que je l’ai déjà lu, et que vous y trouviez la vie éternelle, dont il est la source. Je vous prie, monsieur, de me croire toujours rempli de reconnaissance pour l’affection chrétienne dont vous m’avez honoré, et de recevoir l’assurance de mon respect.

Jean Serre le jeune. »

Winchester, 1er Août 1740.