MARTIN 1707

Nouvelle Biographie Générale depuis les Temps les plus Reculés jusqu'à nos Jours (1861)

MARTIN (David), savant théologien protestant, né le 7 septembre 1639, à Revel (Languedoc), mort le 9 septembre 1721, à Utrecht.

Il fit ses études de philosophie à Nîmes et celles de théologie à Puylaurens, où l’académie protestante de Montauban avait été transportée. Doué d’un esprit vif et pénétrant, il s’appliqua en même temps à la lecture des Pères, aux langues orientales, à l’histoire et à la littérature. Nommé pasteur à Espérance, près de Castres (1663), il remplit les mêmes fonctions non loin de là, au bourg de La Caune, depuis 1670. Satisfait de cette modeste position, il refusa la vocation que lui adressa l’église de Milhau, ainsi que la chaire de théologie à Puylaurens. Après la révocation de l’édit de Nantes (1685), il se retira en Hollande, et fut attaché à l’église d’Utrecht, où il resta jusqu’à la fin de ses jours, quoiqu’on lui eût offert en 1686 une place de professeur à Deventer et en 1695 une place de pasteur à La Haye. À quatre-vingt-deux ans, après avoir prêché son dernier sermon, il fut pris, en quittant la chaire, d’une violente fièvre, qui l’emporta en deux jours.

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Le Journal des Savants (1714) - présentation du Traité de la Religion Naturelle

TRAITE DE LA RELIGION NATURELLE, par M. Martin, Pasteur de l’Eglise d’Utrecht. A Amsterdam, chez Pierre Brunet. 1713 in pag. 465.

Les plus grands dérèglements qui défigurent le monde, viennent de l’ignorance et de la témérité des hommes. Ils ne connaissent pas Dieu, ils ne se connaissent pas eux-mêmes; et néanmoins ils parlent et ils agissent comme s’ils avaient suffisamment approfondi ces deux grands objets. L’Auteur trouve dans le sein même du Christianisme des gens assez pervertis pour mettre en doute qu’il y ait un Dieu; il en voit d’autres qui sont assez téméraires pour nier qu’il y en ait un, et qui même semblent se faire une espèce d’honneur de leur Athéisme. Ce n’est pas qu’ils aient découvert des raisons solides pour appuyer leur extravagance; mais où les preuves manquent à l’esprit pour défendre l’impiété, dit M. Martin, le cœur les fournit, par le désir que ce cœur désespérément rusé et malin, comme l’a nommé Jérémie, aurait qu’il n’y eût point de Dieu, afin de se pouvoir ainsi mettre plus au large. Or dès là que le cœur y prend intérêt, l’esprit gauchit, plie, se rend au désir du coeur, et dit: Il n’y a point de Dieu. C’est le language de l’Insensé; et cependant ceux qui le tiennent se croient les seuls sages, et regardent en pitié tout le reste du genre humain, qui de père en fils, et par une succession constante d’un siècle à l’autre, croit en Dieu, le craint, et l’adore.

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